Le meurtrier présumé du petit Valentin, tué le 28 juillet dernier à Lagnieu, dans l'Ain, d'une quarantaine de coups de couteaux, souffre d'une "abolition du discernement". C'est la conclusion du second collège d'experts rendue hier.
Un premier collège, composé de trois experts psychiatres qui avaient examiné le meurtrier présumé Stéphane Moitoiret, un marginal de 39 ans poursuivi et écroué le 5 août pour assassinat sur mineur avec acte de barbarie, avait rendu un avis nuancé quant à sa responsabilité pénale. L'un des experts avait alors estimé que le discernement de Stéphane Moitoiret et le contrôle de ses actes étaient abolis au moment des faits, et qu'il avait "agi sous l'empire d'une force et d'une contrainte à laquelle il n'avait pu résister". Les deux autres avaient considéré que Moitoiret "était atteint d'un trouble psychique ayant seulement altéré dans une large mesure son discernement".
Deux collèges d'experts se sont déjà prononcés
Cette fois, le second collège a rendu un avis unanime et ce un seul et même document. Les trois nouveaux experts estimant tous que Moitoiret avait "agi sous l'empire d'une force et d'une contrainte à laquelle il n'avait pu résister", et qu'il était donc pénalement irresponsable.
Cette conclusion pourrait amener la justice à reconnaître pour la première fois l'irresponsabilité du vagabond, Stéphane Moitoiret.
Une thèse que Maître Frémion, avocat des parents de Valentin, entend combattre. "J'ai le devoir de me battre ! Depuis la première heure, je dis qu'il est facile de se réfugier derrière des artifices. Tant qu'on lui pose des questions sur ses délires, Stéphane Moitoiret est intarissable. Quand on veut le faire atterrir sur le dossier, sur le caractère horrible de ces actes, il n'y a plus personne. Il s'adapte aux discours. Qu'il décide de ne pas venir à la reconstitution, cela ne changera pas la face du dossier. Cela ne fera que confirmer son comportement calculateur. D'ailleurs tous les experts sont unanimes : il n'est pas atteint de débilité profonde". Dès hier après-midi, l'avocat a rencontré la procureur afin de solliciter une contre-expertise. La magistrate a d'ailleurs confirmé qu'elle a demandé "des réquisitions supplétives" et la désignation d'un troisième collège d'experts au juge d'instruction, dont elle attend la décision.
Alors que le débat d'experts est plus que jamais ouvert, l'instruction est cependant loin d'être close. En effet, la procureure de Bourg-en-Bresse a demandé dès hier "des réquisitions supplétives" et la désignation "d'un troisième collège" d'experts au juge d'instruction. Une convocation que le juge d'instruction n'est pas obligé d'accepter.
Cette contre-expertise ne remet nullement en question la reconstitution programmée pour le 4 juin prochain. Une reconstitution à laquelle Véronique Crémault, maman de Valentin, tient à assister. "Je sais que cela va être insoutenable. Mais je dois voir les mains de l'assassin de mon fils", nous a-t-elle confiés hier après-midi. Reste à savoir comment Moitoiret se comportera ce jour-là.